Le rythme
Le rythme constitue la base prosodique d’une
langue, sur laquelle mélodie et sons viennent se greffer. L’acquisition du
système prosodique repose donc en premier sur une maîtrise des caractéristiques
rythmiques de cette langue.[1]
Les groupes
rythmiques varient en fonction du débit de la personne qui parle. Dans une phrase,
tout locuteur mettra plus ou moins
accents selon son découpage en groupes rythmiques. « L’oral spontanée présente de groupes rythmiques souvent courts (de 2 à
4 syllabes), le plus souvent de moins de 7 syllabes. »[2].
Parmi les moyens pour délimiter les groupes rythmiques, on y trouve l’accent de
syllabe, qui démarque des unités de sens : groupe nominal, groupe verbal,
complément de lieu, de temps…
Le rythme
français est très régulier. Toutes les syllabes inaccentuées ont à peu près la
même durée et sont articulées aussi nettement que les syllabes accentuées, dont
la durée est plus longue. Pour faire sentir cette régularité syllabique aux
apprenants, on peut marquer le tempo en tapant avec la main, comme on a fait
avec les poèmes à mouvement rythmique.
On propose une
autre activité consistant à déplacer l’accent syllabique du groupe au fur et à mesure
que la phrase s’élargit :
Les rosiers.
La rue des Rosiers.
La rue des Rosiers, s’il
vous plaît.
Je cherche la rue des Rosiers,
s’il vous plaît.
Pardon Madame, je cherche la
rue des Rosiers, s’il vous plaît.
Pardon Madame, excusez-moi,
je cherche la rue des Rosiers, s’il vous plaît.
Extrait de LAURET, B. (voir
note 2)
La marquise sortit à cinq
heures.
Elle montait.
Elle montait une jument.
Elle montait une splendide
jument.
Elle montait ce jour-là une
splendide jument alezane.
Elle montait ce jour-là une
splendide jument alezane dont le blanc immaculé.
Elle montait ce jour-là une
splendide jument alezane dont le blanc immaculé seyait.
Elle montait ce jour-là une
splendide jument alezane dont le blanc immaculé seyait à son teint.
Elle montait ce jour-là une
splendide jument alezane dont le blanc immaculé seyait à son teint de
pécheresse.
YVON Gustave, La marquise (1969)[3]
Exemples de phrases à développer :
- Le bébé joue.
- Paul mange une pomme.
- Le chien jappe très fort.
Pour aller plus loin, on pourrait essayer d’introduire
le jeu Oulipien de la Littérature
définitionnelle ; c’est-à-dire, on substituerait des mots de la phrase par
sa définition trouvée dans un dictionnaire. Il faut prendre cette proposition avec
beaucoup de précaution, puisque cette pratique concerne surtout l’écrit et on n’a
pas envisagé les conséquences orales que ces élargissements produiraient sur
les groupes rythmiques.
[1] DUFEU, B. L’importance de la prononciation dans l’apprentissage d’une langue
étrangère, http://francparler-oif.org/FP/dossiers/phonetique_dufeu.htm
[2] LAURET, B. (2007) Enseigner la prononciation du français : questions et outils,
Hachette FLE, p. 43
[3] CHARLIAC L. & MOTRON A-C., (2006)
Phonétique progressive du français avec
400 activités, CLE International, p. 19
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